Informations sur les médicaments
- Marque : Xeloda
- Substance active : Capécitabine
- Fabricant : Roche
Substance active Capécitabine
Après administration orale, la capécitabine est absorbée puis convertie séquentiellement en 5-FU via trois étapes enzymatiques (carboxylestérase hépatique → cytidine désaminase dans le foie/la tumeur → thymidine phosphorylase enrichie dans les tumeurs). Le 5-FU exerce sa cytotoxicité par inhibition de la thymidylate synthase (perturbant la synthèse de l’ADN) et par mésincorporation dans l’ARN, ce qui altère la réplication des cellules tumorales.
La prise alimentaire ralentit l’absorption mais réduit les pics plasmatiques, améliorant ainsi la tolérance ; la capécitabine est donc habituellement prise au cours d’un repas. L’élimination se fait majoritairement par voie rénale sous forme de métabolites ; l’exposition augmente en cas d’insuffisance rénale. Un sous-groupe de patients présente un déficit partiel ou complet en dihydropyrimidine déshydrogénase (DPD), ce qui majore fortement l’exposition au 5-FU — point de sécurité majeur (voir Précautions).
Indications
La décision relève de l’oncologue et du résumé des caractéristiques régional. Contextes fréquents :
- Cancer colorectal : monothérapie adjuvante après chirurgie ; maladie métastatique seule ou avec oxaliplatine (CAPOX/XELOX) ou autres agents.
- Cancer du sein : en association au docétaxel après échec d’anthracyclines, ou en monothérapie lorsque d’autres options ne conviennent pas.
- Cancers gastriques et gastro-œsophagiens : en associations protocolisées (p. ex. avec sels de platine) selon la pratique locale.
Schémas thérapeutiques et posologies
Utiliser Xeloda exactement comme prescrit. Exemples chez l’adulte (pilotés par l’oncologue) :
- Monothérapie (p. ex. adjuvant/métastatique du côlon) :
1 250 mg/m² deux fois par jour (matin et soir) pendant 14 jours, puis 7 jours d’arrêt (cycle de 21 jours). - Associations (p. ex. CAPOX, avec autres agents) :
Fréquemment 1 000 mg/m² deux fois par jour pendant 14 jours, puis 7 jours d’arrêt, adaptés aux co-médicaments et au protocole.
Règles générales :
- Prendre les doses dans les 30 minutes suivant un repas, avec de l’eau.
- Ne pas écraser ni couper les comprimés. En cas de manipulation de comprimés cassés par un aidant : gants et lavage des mains.
- Les adaptations de dose sont courantes. En cas de toxicité de grade ≥ 2 (diarrhée, syndrome main-pied, mucite, fièvre inexpliquée, fatigue sévère), interrompre les prises et contacter l’équipe d’oncologie.
- Atteinte rénale : réduction initiale typique si clairance de la créatinine 30–50 mL/min ; utilisation non recommandée si ClCr < 30 mL/min, sauf décision contraire avec surveillance étroite.
- Les sujets âgés/fragiles peuvent débuter plus bas avec escalade prudente.
Recommandations d’utilisation
- Tenir un carnet de traitement (heures de prise, selles, prises alimentaires, température, symptômes : aphtes, anomalies mains/pieds, éruptions).
- Soin cutané : hydrater mains/pieds 2×/jour ; éviter eau chaude, chaussures serrées, frictions. Picotements, rougeur ou desquamation à signaler tôt — pauses/ajustements empêchent les formes sévères du syndrome main-pied.
- Plan diarrhée : démarrer l’antidiarrhéique prescrit dès la première selle molle ; augmenter l’hydratation ; appeler si ≥ 4 selles/jour au-dessus du baseline, ou toute selle avec fièvre, vertiges ou crampes.
- Soin buccal : brosse souple, bains de bouche doux (salé/bicarbonate). Éviter aliments épicés/acides en cas de mucite.
- Hydratation et nutrition : petits repas fréquents, apports hydriques suffisants.
- Protection solaire : photosensibilisation possible — écran solaire et vêtements couvrants.
- Respecter tous les bilans (NFS, fonction rénale/hépatique) et rendez-vous.
Dose oubliée
Si une dose est oubliée, ne pas compenser par un comprimé supplémentaire. Prendre la dose suivante à l’heure habituelle et noter l’oubli dans le carnet. En cas d’oublis répétés ou de vomissements précoces après la prise, contacter l’équipe soignante.
Précautions
- Déficit en DPD : partiel ou complet, il peut entraîner une toxicité menaçant le pronostic vital (stomatite sévère, neutropénie, diarrhée, neurotoxicité) même aux doses standards. De nombreux centres réalisent un génotypage DPYD ou une évaluation d’activité DPD avant traitement. Signaler toute réaction forte précoce au cycle 1.
- Toxicité gastro-intestinale : diarrhée précoce et persistante → arrêt immédiat et avis médical (risques : déshydratation, troubles électrolytiques, atteinte rénale).
- Myélosuppression et infection : surveiller les lignées ; urgence si fièvre ≥ 38 °C, frissons, odynophagie, signes d’infection.
- Syndrome main-pied : rougeur, gonflement, douleur, phlyctènes paumes/plantes — signaler tôt.
- Mucite/stomatite : douleurs buccales/pharyngées — pauses et soins de support possibles.
- Événements cardiaques : douleur thoracique, dyspnée, arythmie (dont vasospasme coronaire) décrits avec les fluoropyrimidines ; urgence en cas de douleur thoracique nouvelle.
- Hépatobiliaire : hyperbilirubinémie possible ; surveiller les tests hépatiques.
- Insuffisance rénale : exposition accrue — ajustements et surveillance (voir Posologie).
- Anticoagulation : interactions avec warfarine et autres coumariniques augmentant l’INR et le risque hémorragique — surveillance renforcée.
- Manipulation : comprimés de chimiothérapie à manipuler avec précaution ; hors de portée des enfants et animaux.
Utilisation pendant la grossesse
La capécitabine peut nuire au fœtus. Contre-indiquée pendant la grossesse. Utiliser une contraception efficace pendant le traitement et un certain temps après la dernière dose (en général 6 mois pour les femmes et 3 mois pour les hommes ; suivre l’avis de l’oncologue). Ne pas allaiter pendant le traitement et pendant la période post-traitement recommandée par le médecin.
Effets indésirables possibles
- Très fréquents/fréquents : diarrhée, nausées, vomissements, douleurs abdominales, baisse de l’appétit, syndrome main-pied, fatigue/asthénie, mucite/stomatite, dermatite/peau sèche, hyperbilirubinémie, anémie, neutropénie, thrombopénie.
- Moins fréquents : déshydratation, fièvre, céphalées, insomnie, dysgueusie, photosensibilité, œdèmes, élévation des enzymes hépatiques.
- Graves — consulter en urgence : diarrhée aqueuse persistante, vomissements incontrôlés, fièvre ou signes d’infection, douleur thoracique, dyspnée, saignement brutal, confusion, douleur abdominale intense, réaction allergique (œdème du visage, sifflement respiratoire, éruption étendue), signes de déshydratation (vertiges, oligurie).
Capécitabine : interaction avec d’autres médicaments
- Warfarine et autres coumarines : augmentation de l’INR et du risque hémorragique — contrôles rapprochés et ajustements nécessaires.
- Phénytoïne : la capécitabine peut en augmenter les taux — surveiller et adapter.
- Acide folinique (léucovorine) / fortes doses d’acide folique : peuvent majorer la toxicité des fluoropyrimidines — n’utiliser que selon protocole.
- Brivudine ou sorivudine (et analogues) : contre-indiquées — inhibition de la DPD pouvant entraîner une toxicité 5-FU fatale ; respecter un long délai d’arrêt selon l’oncologue.
- Allopurinol : peut réduire l’efficacité du 5-FU — éviter sauf indication médicale.
- Cimétidine et certains antiacides : peuvent modifier modérément l’exposition — suivre l’avis du clinicien.
Transmettre à l’équipe d’oncologie une liste complète et à jour de tous les médicaments (ordonnance/OTC), vitamines et produits à base de plantes (p. ex. millepertuis).
Analgues & Génériques
Même substance active (capécitabine — exemples internationaux)
- Comprimés de capécitabine (Teva) — 150 mg, 500 mg, dosage selon SC
- Comprimés de capécitabine (Sandoz/Hexal) — dosages standards
- Comprimés de capécitabine (Accord/Actavis) — comprimés pelliculés
- Comprimés de capécitabine (Viatris/Mylan) — génériques largement utilisés
- Comprimés de capécitabine (Cipla/Sun/Intas/Dr. Reddy’s) — présentations selon région
Analgues (autre substance, même objectif — schémas fluoropyrimidine/antimétabolites)
- 5-Fluorouracile (5-FU) IV — perfusion continue ou bolus (socles FOLFOX/FOLFIRI)
- Tegafur-uracile (UFT) — fluoropyrimidine orale (disponibilité variable)
- S-1 (tegafur/giméracil/otéracil) — fluoropyrimidine orale utilisée dans certaines régions pour les cancers digestifs
- Trifluridine/tipiracil (Lonsurf) — analogue nucléosidique oral pour CCR métastatique réfractaire
- Raltitrexed — inhibiteur de la thymidylate synthase pour indications colorectales sélectionnées
Conservation
Conserver à 15–25 °C, au sec, à l’abri de la chaleur et de la lumière. Garder les comprimés dans l’emballage d’origine et hors de portée des enfants. Ne pas utiliser après la date de péremption figurant sur le blister/étui.
Expérience patient – À quoi s’attendre
Xeloda se prend généralement par cycles de 21 jours (14 jours « on », 7 jours « off »). Beaucoup constatent une périodicité des effets indésirables — nausées légères ou fatigue les jours de prise, avec amélioration durant la semaine d’arrêt. Des signes aux mains/pieds (fourmillements, rougeur) et des selles molles peuvent survenir dès les premiers cycles ; les signaler tôt permet des pauses ou réductions de dose maintenant le traitement sur la bonne voie. L’appétit fluctue souvent ; petits repas fréquents et hydratation aident. Les bilans sanguins réguliers guident la poursuite en sécurité. L’équipe rappellera que les réductions de dose sont courantes et ne diminuent pas nécessairement les chances de bénéfice — confort et sécurité d’abord.
FAQ
Comment prendre Xeloda chaque jour ?
Deux fois par jour, dans les 30 minutes suivant les repas, à environ 12 heures d’intervalle. Avaler les comprimés entiers avec de l’eau.
Puis-je continuer vitamines ou acide folique ?
À discuter avec l’équipe. Les fortes doses d’acide folinique/folique peuvent majorer la toxicité des fluoropyrimidines ; les multivitamines standards sont évaluées au cas par cas.
Que faire en cas de diarrhée ?
Commencer l’antidiarrhéique prescrit et interrompre les doses si la diarrhée dépasse une intensité légère. Appeler la clinique le jour même — l’action précoce prévient les complications.
Je prends de la warfarine — qu’est-ce qui change ?
La surveillance de l’INR devient plus fréquente ; des ajustements de dose sont courants.
Puis-je travailler ou conduire pendant le traitement ?
Beaucoup le peuvent, mais évaluez votre énergie et votre concentration. Évitez de conduire en cas de vertiges, grande fatigue ou déshydratation.
Le soleil pose-t-il problème ?
Oui, une photosensibilisation peut survenir. Utilisez un écran solaire, des vêtements protecteurs et évitez le soleil intense de midi.
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